jeudi 8 août 2024

Jamais plus (Colleen Hoover)

 Editions Hugo Roman Poche
444 pages
7.60 euros


4ème de couverture

Ceux que nous aimons sont parfois ceux qui nous font le plus mal.
 
Lily Blossom Bloom n'a pas eu une enfance très facile, entre un père violent et une mère qu'elle trouve soumise, mais elle a su s'en sortir dans la vie et est à l'aube de réaliser son grand rêve : ouvrir, à Boston, une boutique de fleurs.
Elle vient de rencontrer un neurochirurgien, Ryle, charmant, ambitieux, visiblement aussi attiré par elle qu'elle l'est par lui. Le chemin de Lily vers le bonheur semble tout tracé. Elle hésite pourtant encore un peu : il n'est pas facile pour elle de se lancer dans une histoire sentimentale, avec des parents comme les siens.

Choisir cette vie, c'est aussi tirer un trait sur son passé et Atlas, ce jeune homme qui a été son premier amour et qui a profondément marqué son adolescence.
L'avenir semble limpide et simple mais il peut s'obscurcir très vite...
 
 
Mon avis
 
C'est le premier livre de cette auteure que je découvre, et le moins que l'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçue. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance, car la romance n'est pas du tout mon genre de prédilection.

Dans ce récit, l'auteure nous plonge dans la vie de Lily Bloom, une jeune lycéenne qui devient rapidement une femme. On la suit tout au long de son adolescence grâce à des retours dans le passé via son journal intime, ce qui nous permet de découvrir son premier amour, Atlas. Nous sommes également immergés dans sa vie de femme adulte, installée à Boston après le décès de son père. Enfant, Lily a été témoin de la violence conjugale que son père infligeait à sa mère. Un père qui, malgré l'amour qu'il lui portait, est devenu la source de sa haine à cause de ses actes. Elle s'était juré que cela ne lui arriverait jamais... Jusqu'au jour où elle rencontre Ryle, une rencontre qui bouleversera sa vie à jamais.

Comment parler de ce récit sans trop en dévoiler ? Le premier mot qui me vient à l'esprit est "percutant". L'auteure aborde ici un sujet sensible, celui de la violence conjugale. Elle en parle sans détour et met en lumière ce cercle vicieux infernal entre la victime et son bourreau. Elle aurait pu sombrer dans le drame larmoyant, mais ce n'est pas le cas. Colleen Hoover traite le sujet avec justesse, en se concentrant sur la dimension psychologique des personnages. Son histoire sonne vrai, et on sent que son expérience personnelle a grandement contribué à l'écriture de ce roman.

Dès les premières lignes, j'ai été captivée par l'écriture de l'auteure. Une plume sensible mais précise, avec une finesse incomparable. Elle dépeint les personnages d'une manière telle qu'on ne peut que s'y attacher. J'ai particulièrement aimé notre héroïne, déterminée, forte mais aussi fragile. Au fil des pages, on la voit évoluer, et on ressent sa peine, sa détresse, son amour, ses questionnements, et la destruction que cet amour entraîne.

Vous l'aurez compris, ce récit a été pour moi un énorme coup de cœur. Je ne peux que vous conseiller de vous le procurer au plus vite pour le découvrir à votre tour. Un livre puissant qui nous rappelle combien le passé peut influencer notre présent.


Ma note



 
 
 
 

samedi 3 août 2024

Apnée noire (Claire Favan)

 Editions Pocket
379 pages
7.70 euros
 
 
4ème de couverture
 
« Vêtue d’un pyjama en satin écru, la jeune femme repose dans une baignoire remplie, en position de fœtus inversé. Ses mains et ses chevilles sont étroitement liées derrière son dos et elle flotte encore avec un soupçon de grâce. »

A Columbia, sur la côte est des Etats-Unis, c’est la scène macabre que découvre le lieutenant Sandino. Officier intègre, c’est aussi un homme brisé depuis la disparition de sa famille. Pour mener cette enquête, il doit collaborer avec Megan Halliwell, l’agent du FBI qui a permis l’année précédente l’arrestation de Vernon Chester, un tueur psychopathe qui vient d’être exécuté.

Très vite pourtant, il apparaît que ce dernier meurtre présente des ressemblances troublantes avec les crimes commis par Chester. Comment est-ce possible ?

Tandis que Megan n’ose imaginer le pire, une erreur judiciaire, Sandino se concentre sur certaines incohérences. De discordes en silences la relation des deux policiers évolue, alors que chaque jour le tueur semble se rapprocher d’eux, omniprésent et insaisissable.

 
Mon avis
 
Cela fait un petit bout de temps que j'ai envie de découvrir cette auteure, mais je n'avais encore jamais eu l'occasion de le faire. Toujours en attente de la rentrée littéraire, j'ai sauté sur l'occasion de découvrir la plume de Claire Favan.

Que dire ? C'est un bon thriller à lire au bord de la piscine, mais je ne suis pas certaine que cette histoire restera dans ma mémoire très longtemps. Il fait son travail, point ! Je m'explique...

Avec ce récit, l'auteure nous emmène aux États-Unis aux côtés des forces de l'ordre. C'est là que nous rencontrons Megan Halliwell, agent du FBI, et le lieutenant Sandino. La première a tout pour elle : une belle carrière, reconnue de tous, avec de nombreuses affaires résolues à son actif. Le second, quant à lui, est à l'opposé. Alcoolique depuis qu'il a perdu sa famille, il n'est plus que l'ombre de lui-même. Leur rencontre se fait au commissariat lorsque Megan est envoyée en renfort sur une affaire bien énigmatique... un meurtre ayant un mode opératoire identique à ceux de Vernon Chester. Où est le problème, me direz-vous ? Ce dernier a été exécuté ! Est-ce l'œuvre d'un copycat ou bien un innocent a-t-il été exécuté ? Le FBI et la police vont devoir travailler main dans la main pour dénouer cette affaire complexe...

Dès les premières pages, l'auteure m'a embarquée avec elle. L'histoire de Sandino m'a marquée, et j'en ai encore froid dans le dos. Cependant, au fil des pages, je me suis lassée. J'avais cette impression de me retrouver dans une série policière américaine où se côtoient police et FBI. J'y retrouvais tous les clichés, notamment ceux des personnages.

Embarquée dans l'intrigue de départ, j'ai persévéré car j'avais envie de connaître le dénouement, et c'est là le point fort du livre : jusqu'à la dernière page, l'auteure nous piège et nous surprend.

Ce que j'aurais aimé ? Un travail plus en profondeur sur les personnages, car c'est apparemment le point fort de l'auteure, ce qui aurait sans doute permis d'éviter tous les clichés du genre.

Alors ce n'est ni un coup de cœur ni une déception. C'est un roman sympa à lire, mais cela s'arrête là. Cependant, si toi aussi tu as envie d'être surpris par le dénouement, fonce chez ton libraire pour te procurer ce livre de Claire Favan. Une lecture rapide, une écriture simple et sans détails superflus.

 
Ma note

13/20

lundi 29 juillet 2024

Là où chantent les écrevisses (Delia Owens)

Editions Seuil
477 pages
22.50 euros
 
 
4ème de couverture
 
Pendant des années, les rumeurs les plus folles ont couru sur  » la Fille des marais  » de Barkley Cove, une petite ville de Caroline du Nord. Pourtant, Kya n’est pas cette fille sauvage et analphabète que tous imaginent et craignent. À l’âge de dix ans, abandonnée par sa famille, elle doit apprendre à survivre seule dans le marais, devenu pour elle un refuge naturel et une protection. Sa rencontre avec Tate, un jeune homme doux et cultivé qui lui apprend à lire et à écrire, lui fait découvrir la science et la poésie, transforme la jeune fille à jamais. Mais Tate, appelé par ses études, l’abandonne à son tour. La solitude devient si pesante que Kya ne se méfie pas assez de celui qui va bientôt croiser son chemin et lui promettre une autre vie. Lorsque l’irréparable se produit, elle ne peut plus compter que sur elle-même…
 
 
Mon avis

Ce livre est paru en 2020 et il a fait beaucoup de bruit autour de lui. Cependant, je n'ai jamais eu l'occasion, ni l'envie de me plonger dans ce roman tant il fut médiatisé. Il y a quelques semaines, j'ai entrevu le film passer sur les écrans. Je l'ai donc enregistré et, avant de le regarder, j'ai décidé de découvrir cette histoire.

L'auteure nous emmène en voyage en Caroline du Nord, au sein même du marais de Barkley Cove. C'est là, qu'au cœur d'une petite cabane abandonnée, nous allons faire la rencontre de Kya, une jeune fille de 10 ans. À l'âge de 6 ans, sa mère, subissant la violence conjugale, décide de quitter le domicile familial et d'y laisser ses enfants. Au compte-gouttes, ses frères et sœurs vont faire de même. Seule, Kya restera vivre avec son père dans son marais, jusqu'au jour où même ce dernier prendra la fuite, la laissant ainsi seule à l'âge de 10 ans.

Isolée du reste de la ville, au cœur de la nature, en se gérant seule et sans aller à l'école, elle n'a pour seule compagnie que les insectes et les oiseaux. Au fil des années, des rumeurs vont naître et elle va recevoir le surnom de "la fille du marais". Sa personnalité choque, dégoûte, captive, fascine, mais ce qui est certain, c'est qu'elle ne fait pas l'unanimité auprès des habitants de la ville.

Au fil des pages, on va voir notre héroïne évoluer, grandir, apprendre, se faire aider sans le savoir, tenter de se débrouiller seule afin de survivre. Jusqu'au jour où une rencontre va tout faire basculer...

Que dire de ce livre ? Il est addictif au possible. Je l'ai commencé un matin pluvieux et je ne l'ai plus lâché... 26 heures plus tard, sans avoir fermé l'œil, je tournais la dernière page. L'auteure m'a happée dès le départ grâce à la personnalité de notre héroïne. Cette petite fille est tellement touchante et débrouillarde, que l'on a envie d'être à ses côtés, de la voir évoluer et sortir ainsi de la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve. Avec une intrigue bien menée, l'auteure nous tient en haleine car on a hâte d'en connaître le dénouement.

Delia Owens a pris le parti d'alterner deux histoires au cœur de ce récit. On va basculer régulièrement de 1952, où l'on suivra notre petite Kya, à 1969 lorsque le cadavre d'un jeune homme est retrouvé et qu'une enquête est menée... Un pari osé car cette alternance pourrait nous perdre, mais qui est complètement réussi dans ce récit grâce à la plume fluide et intelligente de l'auteure.

Je ne vais pas vous dire que tout est crédible dans ce récit car ce n'est pas le cas, mais ces passages ne m'ont pas dérangée.

Ouvrir ce livre, c'est être prêt à voyager sans se prendre la tête et sans trop réfléchir. Alors si toi aussi, tu es prêt à entamer ce voyage, fonce chez ton libraire pour te procurer ce roman. Entre amour, drames, nature et aventure, le lecteur est bien servi. Un chouette roman à lire au bord de la plage cet été.
 
 
Ma note
 
18/20

jeudi 25 juillet 2024

La fille seule dans le vestiaire des garçons (Hubert Ben Kemoun)

Editions Flammarion
224 pages
10 euros


4ème de couverture

« Ce serait donc cela mon véritable premier baiser avec un garçon ? Un mensonge, une vengeance et une trahison ? J 'avais rêvé mieux. N'importe quelle fille normale aurait rêvé mieux. » Tout commence par un baiser. Mais ce baiser va faire de la vie de Marion un enfer. Peu à peu, la honte laisse toute la place à la rage, et Marion prépare sa vengeance. Sans réfléchir aux conséquences de ses actes...
 
 
Mon avis
 
Hubert Ben Kemoun est un auteur que j'adore. J'ai eu la chance de le découvrir lors de mes études et surtout lors d'un moment qui a marqué ma vie : mon mémoire ! Je travaillais sur le prix Farniente et son livre "La Gazelle" était un livre de la sélection. Mes enfants étant en vacances, on en a profité pour privilégier les lectures en famille. C'est donc tout naturellement un livre de cet auteur que j'ai choisi de ressortir de ma bibliothèque.

L'auteur nous plonge au cœur d'un établissement scolaire. C'est là que l'histoire démarre autour d'un simple pari entre copains. N'avez-vous jamais entendu parler, autour de vous, d'un garçon faisant semblant d'aimer une fille afin qu'elle se jette dans ses bras pour finalement la rejeter ? Eh bien, c'est exactement le pari dont il s'agit dans cette histoire. Malheureusement, cette dernière va très vite dégénérer pour prendre des proportions incroyables quand elle se retrouve sur YouTube.

Tout au long du récit, Marion, notre héroïne, va nous décrire ce qu'elle vit sans nous cacher le moindre détail, sans aucun filtre, ni barrière. Au fil de l'histoire, le lecteur va pouvoir se rendre compte de la déchéance de cette jeune fille. Forte, remplie de confiance en soi, bonne élève, gentille, elle devient très vite l'ombre d'elle-même (paranoïaque, sur la défensive, toujours énervée, très irascible, ...).

Plus j’avançais dans ma lecture, plus je me posais de questions sur les réactions possibles de Marion, sur l'accompagnement des jeunes en détresse mais aussi et surtout sur les finalités de cette histoire.

L'adulte que je suis a été touchée, l'enseignante a été bouleversée. L'auteur nous permet de nous immiscer dans la peau de Marion et ainsi vivre les événements en tant que victime. Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est bien différent et ô combien choquant ! On peut ressentir l'humiliation qu'elle ressent au quotidien. On aimerait l'aider, réagir, faire quelque chose pour changer les choses, mais nous sommes impuissants. C'est un sentiment de frustration qui est né au fil des pages tant l'impuissance est grande. Je me suis insurgée face aux différents personnages qui voient mais ne font rien... J'ai pleuré face à ce phénomène de bouc émissaire... J'ai eu l'envie de secouer sa mère qui ne voyait rien tant elle était préoccupée par sa situation amoureuse. Bref, cette histoire m'a remuée d'une drôle de façon.

Malheureusement, en tant qu'enseignante, je ne peux que vous confirmer que cette histoire reflète une triste réalité du monde actuel. La vie de nos jeunes est rythmée par les réseaux sociaux. Aucun d'eux ne se rend compte du danger de ceux-ci. Un conflit débutant dans la réalité se retrouve très souvent sur la toile et prend des proportions inimaginables. "La fille seule dans le vestiaire des garçons" nous montre une des dérives de ces réseaux. En quelques minutes, la vie d'une adolescente va être brisée et bouleversée à jamais !

La plume de l'auteur joue un rôle bien évidemment important dans ce récit. Percutante, puissante et fluide, avec un vocabulaire poétique bien que touchant nos jeunes, elle ne peut que prendre aux tripes. Une vraie claque qui devrait nous faire réagir !

Ce livre devrait être lu par nos jeunes afin qu'ils puissent se rendre compte des dégâts que peuvent provoquer les réseaux sociaux ! Il met en garde face à un phénomène qui ne fait que grandir et qui peut avoir des conséquences fatales sur nos jeunes. Il amène à une réflexion importante sur les conséquences que peuvent avoir nos actes.

Vous l'aurez compris, ce livre est un véritable coup de cœur ! J'ai adoré ! Je l'ai dévoré et attends impatiemment son prochain livre ! Je ne peux que vous le conseiller ! C'est un livre que je n'oublierai pas de sitôt !
 

Ma note


 
 

 

mercredi 24 juillet 2024

Ne chatouille jamais un tigre! (Pamela Butchart)

Editions Nathan
32 pages + 2 grands volets
14.90 euros

 
4ème de couverture
 
"Arrête de t'agiter, de gesticuler et de toucher à tout !" Zélie en a vraiment assez de ne rien pouvoir faire.
 
Alors, quand, au zoo, la maîtresse lui explique qu'il ne faut JAMAIS chatouiller un tigre, eh bien, Zélie décide d'essayer quand même. Juste pour voir.
 
 
Mon avis
 
Mercredi, jour de lecture avec les plus petits. Ce matin, je vous présente un album des éditions Nathan dans lequel nous suivrons la journée au zoo de la petite Zélie.

Avant tout, parlons un peu de cette petite fille. Elle fait partie de ces enfants qui bougent tout le temps et qui cumulent les bêtises. Impossible de l'arrêter ; malgré les remarques, elle n'en fait qu'à sa tête. Un poil hyperactive, elle est terriblement réaliste, et beaucoup de parents pourraient reconnaître leur enfant dans cette petite tête blonde. Son côté "je n'écoute rien" la rend justement très attachante. Une enfant vivante mais parfois un peu trop.

C'est donc au zoo que nous allons la retrouver. Fidèle à elle-même, elle ne s'arrête pas une minute, au grand désespoir de son institutrice. Malgré les remarques de celle-ci, elle touche à tout et saute partout ! L'institutrice, résignée, va quand même la mettre en garde : "Quoi que tu fasses, ne chatouille surtout jamais un tigre !" Zélie va-t-elle écouter ce conseil ? Si non, quelles vont en être les conséquences ? Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir cette histoire par vous-même.

Mon mini a adoré cet album, et la maman que je suis est conquise. L'histoire est drôle, les illustrations très colorées, juste sublimes. Quant aux deux grands volets, ils sont juste magiques. Ils permettent encore plus d'humour, c'est un fou rire garanti. C'est grâce à eux également que le rythme s’accélère.

Mais revenons un peu aux illustrations. Le crayon de l'illustrateur est incroyable. Les traits des animaux sont terriblement réalistes. Ils ont tous une expression différente qui donne envie justement de s'y accrocher, de les découvrir un peu plus.

Quant à la fin, elle est juste inimaginable. On ne s'y attend pas du tout. C'est finalement une belle surprise.

Un album qui peut plaire et une conclusion assez intéressante sur ce qu'est capable de faire un enfant face aux interdits des adultes. Un album qui exploite les conséquences d'un esprit de contradiction. Un thème intéressant donc à travailler avec les plus jeunes... Celui des limites à ne pas dépasser. Intéressant de voir également les conséquences de ses actes.

Je vous conseille vraiment de découvrir ce livre. En tout cas, pour nous, la découverte fut belle.
 
 
Ma note
 
19/20

mardi 23 juillet 2024

Coupable d'avoir été violée (Meriem Ben Mohamed)

 Editions Michel Lafon
283 pages
19.90 euros


4ème de couverture

Tunis, un soir de septembre 2012. Deux amoureux s'embrassent dans une voiture, loin des regards indiscrets. Soudain, trois policiers surgissent, crient au scandale et interviennent. Pour Ahmed, ce sera du racket ; Meriem, elle, sera victime de plusieurs viols. Lorsque la jeune femme veut porter plainte, tout le monde se défile. Et quand enfin elle y parvient, c’est elle qui se retrouve accusée d’atteinte aux bonnes mœurs. Une fille en jupe et tête nue, en compagnie d’un homme, la nuit ! Elle est passible de six mois de prison. De plus, si elle a été violée, elle n’arrivera pas vierge au mariage : le déshonneur touche toute sa famille. En somme, elle est coupable, quoi qu’il en soit. Meriem redoute les réactions de son père et de son frère s’ils découvrent ce qui lui est arrivé. Grâce au soutien de son fiancé, à la mobilisation de ses avocats et de tous ceux qui, en Tunisie et à l’étranger, prennent sa défense, elle bénéficiera d’un non-lieu en novembre 2012. Mais le mal est fait. La honte est sur elle, les amis s’éloignent, les voisins ne la saluent plus. Si cette douloureuse histoire est devenue une affaire d’État et a ému la communauté internationale, c’est qu’elle est emblématique de la situation paradoxale des femmes tunisiennes : autrefois les plus libres du Maghreb, aujourd’hui menacées dans leurs droits les plus élémentaires.
 
 
Mon avis
 
C’est les vacances ! On en profite donc pour vider un peu la bibliothèque en attendant sagement la rentrée littéraire. Il était temps de me plonger dans ce livre, car cela fait maintenant quelques années qu’il est dans ma pile de lecture. Je l’avais acheté à l’époque grâce à ma voisine de camping, qui me l’avait conseillé. Avait-elle raison ou tort ? Je vous le dirai tout de suite.

À peine dépoussiéré, je me plonge dans le résumé. Que dire ? J’avais déjà la chair de poule. Imaginez mon état après cette lecture... Horrifiée, tout simplement. Je n’imaginais pas qu’un tel calvaire pouvait être possible.

On entend, assez régulièrement, dans les médias, les atrocités que subissent les femmes dans certains pays africains et asiatiques. On parle notamment du crime d'honneur, de l’excision ou encore de la lapidation. L’histoire dont je vais vous parler ce soir, nous l’avons déjà entendue. Une femme violée, cela n’a rien de nouveau. Par contre, quand cette femme se fait accuser d’atteintes aux bonnes mœurs et risque la condamnation... Cela devient inimaginable.

À travers ce livre, nous suivons l’histoire de Myriam, rebaptisée Meriem pour ne pas être reconnue dans la rue. Cette jeune femme vit en Tunisie. Un soir, elle raccompagne son fiancé en bas de chez lui. Dans ce pays, les relations homme-femme avant le mariage sont taboues. Il n’est pas envisageable qu’ils se fréquentent sans la présence de quelqu’un d’extérieur. Pourtant, ce soir-là, au coin d’une rue, elle se gare pour lui dire au revoir. Si seulement elle avait pu imaginer les conséquences de son geste... Très rapidement, une voiture s’arrête et trois policiers en sortent. La peur traverse ces deux jeunes amoureux. Mais ce qu’ils imaginent n’est rien comparé à ce qu’ils vont vivre. Ces hommes, qui représentent la loi, se sentent au-dessus de celle-ci. Ils sont puissants, rien ne peut leur arriver. Ce soir-là, ils vont violer cette jeune femme et racketter son fiancé. Ont-ils peur des conséquences de leurs actes ? Aucunement, ils se sentent protégés. Détruits, les deux jeunes gens ne s’arrêtent pas là. Ensemble, ils vont porter plainte. Ils veulent que ce qui leur est arrivé serve à d’autres et que les coupables soient punis. Pourtant, ils sont loin d’imaginer la suite de l’histoire, car en Tunisie, la femme n’a pas autant de droits qu’on le pense... Je ne vous en dis pas plus, je vous laisse découvrir la suite de l’histoire par vous-même !

Je n’ai pas envie, comme à mon habitude, de vous parler des personnages ou encore du style. Ce n’est pas ce que demande ce livre. Ce qu’il faut retenir ? Que ce livre nous dévoile la condition des femmes en Tunisie, mais surtout, qu’il s’agit d’un très beau et complexe combat vers la liberté ainsi que les droits fondamentaux.

Des larmes, j’en ai versé. De la haine, j’en ai eu énormément envers les policiers. La corruption est interdite et immonde. Le dénouement de cette histoire m’a bouleversée, les condamnations m’ont rendue malade...

Ce livre, très dur et délicat par son contenu, est à découvrir absolument. Il nous éclaire sur la vie des femmes dans d’autres continents. Des vies que l’on imagine même pas ! Alors, si vous avez un peu de temps, foncez !
 
 
Ma note
 
18/20

lundi 22 juillet 2024

L'île d'Elle (Régis Delène Bartholdi)

Editions du Mérite
225 pages
19.90 euros

 
4ème de couverture
 

"Isabelle était à mes côtés, lovée sur son sac de toile rêche posé sur le sable. Sa robe de lin sèche, empesée de sel, épousait le galbe de son corps. Sa peau perlait par endroits de quelques larmes de sang, des perles d'innocence, témoins d'une victoire après la lutte. Je n'osais la réveiller de sa fatigue.

Silencieusement, je l'observais lorsqu'un vol d'oiseaux de haute mer à l'empennage inquiétant vint à l'aplomb de nos corps épuisés. L'impressionnante voilure des goélands nous couvrait de leur ombre. Isabelle était ailleurs, je n'osais la soustraire à ce soulagement. Ses traits fins, lissés, apaisés, s'étoilaient de sable par endroits. Elle semblait voyager sur un autre continent, une autre grève que celle de notre nuit d'égarement. Ses lèvres muettes scellaient une promesse qu'elle m'adressait en une voluptueuse offrande."

L'art et l'amour partagent les mêmes valeurs d'exigence. Lui est artiste peintre en mal d'inspiration, lorsqu'il propose à sa femme, loin du monde, de renouer avec son art égaré. Elle, Isabelle, abandonne tout pour le suivre sur une île déserte.
 
 
Mon avis
 
Ce livre traînait dans ma bibliothèque. Étant en vacances, j'ai décidé de l'en sortir pour le découvrir. Eh bien, j'aurais mieux fait de le laisser là où il était ! C'est une lecture plus qu'en demi-teinte que je vais donc vous présenter ce soir. Quelles en sont les raisons ? Autant j'ai aimé l'histoire et les personnages, autant j'ai détesté la mise en page et l'écriture en elle-même. Je vous explique...

Commençons par l'histoire. C'est dans la vie d'un artiste peintre que nous sommes plongés. Quoi de plus difficile, pour un artiste, que de perdre l'inspiration ? Malheureusement, c'est ce qui va lui arriver. Il pourrait baisser les bras mais ce n'est pas du tout dans son caractère. Il propose donc à sa femme de partir quelque temps sur une île déserte afin de se retrouver, de se ressourcer, mais surtout de s'éloigner de tous les soucis, de cette société de consommation qui n'en finit pas et de cette routine qui les enferme.

Très vite, elle accepte et ils se retrouvent ensemble, tous les deux, sur une île totalement déserte. Ils peuvent renouer avec le plaisir de la nature, le plaisir de leur couple, ou tout simplement le plaisir de la lenteur. Cependant, tout n'est pas toujours simple sur une île déserte et les premiers soucis vont très vite pointer le bout de leur nez, comme par exemple la nourriture...

Pour parler un peu plus des personnages, ils ont un intérêt important et méritent d'être découverts ! Que ce soit le peintre réactif qui, dans un premier temps, ne baisse jamais les bras ou la femme qui dit oui sans trop se poser de questions, les deux m'ont intrigué, intéressé. Et puis, il faut être un peu "fou" pour tenter une aventure comme celle-là.

Pour ce qui est du style et de l'écriture, pour moi, le bémol de ce livre vient bien de là ! Je n'ai pas du tout adhéré au style de l'auteur. Des phrases trop morcelées et beaucoup trop d'adjectifs à mon goût ! Sans parler du fait que ce livre fait 220 pages et qu'il n'y a pas un seul chapitre, pas un seul moment où l'on peut s'arrêter pour souffler sans perdre le fil de l'histoire. La mise en page n'aide pas non plus tant on a l'impression qu'on a essayé de mettre le plus de texte possible sur une même page pour éviter d'en mettre deux de plus ! Enfin soit, vous l'aurez compris, j'ai eu un gros souci avec l'écriture et la mise en page !

De ce fait, je n'ai pas adhéré entièrement à ce livre ! Il m'a fallu énormément de temps pour le lire et le terminer surtout ! D'habitude, je l'aurais fermé et je serais sûrement passée à autre chose ! La chance avec ce livre, c'est que l'histoire en vaut vraiment la peine !

À vous donc de décider si vous allez le lire ou pas, mais si c'est le cas, je suis impatiente de connaître vos avis !

 
Ma note
 
11/20