jeudi 3 mars 2016

Un vent de cendres (Sandrine Collette)

 
Éditions: Denoel ou livre de poche
18 euros ou 7.90 euros
255 pages ou 264 pages

Pour moi, il s'agit d'une lecture numérique


4ème de couverture

Malo a un mauvais pressentiment. Depuis leur arrivée au domaine de Vaux pour faire les vendanges, Octave, le maître des lieux, regarde sa sœur Camille d'un œil insistant. Le jeune homme voudrait quitter l'endroit au plus vite. Camille trouve ses inquiétudes ridicules, mais l'étrange fascination d'Octave met son frère mal à l'aise. Camille, elle, oscille entre attirance et répulsion envers cet homme au visage lacéré par une vieille blessure. Ils se disputent et, le troisième jour, Malo n’est plus là. Alors que personne ne semble s'en soucier, Camille sent aussitôt qu’il s’est passé quelque chose. Leur reste-t-il une chance de sortir vivants de ce lieu ou le piège est-il déjà refermé ?


Mon avis

J'ai découvert Sandrine Collette à travers son premier roman "Des noeuds d'acier"  que j'avais adoré. Il s'agissait même d'un gros gros coup de coeur. Je ne pouvais donc pas m'arrêter en si bon chemin dans ma découverte de l'auteure.
Je n'ai pas lu que des critiques positives sur ce roman mais comme je le dis souvent, je préfère me faire mon propre avis.

Certes, je trouve ce roman un peu moins bon que le premier mais j'ai quand même pris beaucoup de plaisir à le lire.

Dès les premières pages, j'ai été happée par le récit. Comment rester insensible au terrible accident qui nous est décrit. J'en ai encore la chair de poule juste à en parler. Dans cette voiture se trouve Laure, Octave et Andreas. La première décédera malheureusement dans cet accident. Quant aux deux autres, ils en ressortiront vivants mais détruits à jamais avec des séquelles physiques et psychologiques inimaginables.
C'est 10 ans plus tard, lors de la saison des vendanges, que nous allons les retrouver au cœur même du domaine qui leur appartient. Nous allons faire la connaissance de jeunes saisonniers venus travailler pour eux. Parmi ceux-ci: Camille et son frère Malo. Dès les premiers instants, ce dernier ressent une sensation étrange. Quelque chose ne va pas, il le ressent bien. Il n'a jamais eu l'occasion de rencontrer Andreas qui se cache derrière une fenêtre à longueur de journée mais Octave ne lui inspire pas du tout confiance. Les regards qu'il jette à sa soeur le glace! Il la met en garde mais en vain.
Cette dernière est partagée entre plusieurs sentiments. De la réticence et du dégoût certes face à cet homme dont le physique en a pris un coup le jour de l'accident mais aussi une certaine attirance qu'elle ne comprend pas.
Peu après une violente dispute avec Octave, Malo disparaît. Camille va tout faire pour retrouver son frère. Elle ne baissera jamais les bras malgré ce que pensent les autres. Non, pour elle, Malo n'est pas reparti à Paris! Il lui est arrivé quelque chose. Oui, mais quoi?
Même si le lecteur sait ce qui est arrivé, il reste en alerte constante. J'avais hâte de savoir ce qui allait se passer à la fin de cette histoire, d'en connaître le dénouement.
Certains on écrit qu'il était prévisible. En effet! Bien que... non! Certes, je m'étais imaginée une fin semblable mais pas tout à fait. L'auteure a un don, celui de nous faire imaginer des fins incroyables car oui, celle-ci l'est aussi. Un petit détail qui change tout.

Parlons un peu des personnages. Dans l'ensemble, ils sont tous inquiétants. Il est très difficile au départ de comprendre qui sont les bons et les mauvais. Mis à part Camille et Malo, le doute plane. Quant à eux, je les ai trouvé attachants. Malo et son sale caractère, Camille et son insouciance. Insouciance qui va la plonger directement dans les bras d'Octave. Petit bémol par rapport à cela... On s'y attend, c'est un peu du réchauffé, une histoire "La belle et la bête", du déjà vu.

Quant au style, il n'a pas changé même si le roman est bien différent du précédent. C'est bien la plume de l'auteure. Un rythme endiablé, qui s'accélère continuellement. Une tension permanente. Des phrases simples, courtes et directes. Un style qui fait mouche et qui ne donne absolument pas envie de fermer le livre. Le découpage des chapitres en est certainement pour quelque chose. Nous savons que cette histoire va se dérouler en quelques jours, le savoir met une pression supplémentaire. L'ambiance est lourde pendant tout le récit. Le lecteur est pris à parti. J'ai vécu l'histoire de l'intérieur avec cette même pression omniprésente.
L'auteure a une plume incroyable. Elle a ce pouvoir de faire ressentir aux lecteurs les éléments de l'intérieur. Dans ce roman, elle nous amène au coeur des vignes et des caves. Un pur bonheur de ressentir les odeurs, les goûts, les sensations que procurent cette expérience.

Alors oui, il n'est pas aussi bon que le précédent mais c'est quand même un chouette roman. Un roman et une auteure à découvrir absolument. Personnellement, je ne m'arrête pas là et je suis impatiente de découvrir son prochain livre.


Ma note

15/20





mercredi 2 mars 2016

Mauvais endroit, mauvais moment (Bénédicte Carboneill et Régine Joséphine)


Merci à Bénédicte
Editeur: Oskar
210 pages
14,95 euros
Dès 12 ans


4ème de couverture

Max, 15 ans, est en garde à vue. On a trouvé de l'argent liquide mais surtout des sachets de poudre blanche sur lui. D'où viennent-ils? Qui lui en veut au point d'avoir caché de la coke dans son sac?
Max n'en sait rien, ce qui ne va pas l'aider à convaincre la police, qui semble déjà s'être fait son idée. Du fond de sa cellule, coincé entre un ivrogne et un violeur, il clame son innocence en pure perte. Qui le sortira de ce cauchemar?


Mon avis

Peut-on imaginer finir sa soirée comme cela? Oh que non! Max non plus n'imaginait pas une telle chose. Et pourtant, tout est bien réel. C'est un vrai cauchemar!

Max est un ado de 15 ans. Plutôt bon élève, il est connu pour son comportement exemplaire. Depuis le divorce de ses parents, il vit seul avec sa mère. Depuis peu, il est éperdument amoureux. L'heureuse élue n'est autre que Lucie, l'ex de Stan, un élève de l'école. Pas facile d'avouer ses sentiments à cet âge là! Timidité, peur du ridicule, de l'échec... Quel ado n'a pas connu cela?
Un moment, il faut trouver le bon moment. Voilà le plus important. Et c'est Lucie qui va lui donner cette opportunité. Un contrôle de math qui se prépare et vu ses difficultés, elle a besoin d'aide. Max ne se fait donc pas prier et c'est autour d'un repas qu'il s'exécute. Alors que tout se passe pour le mieux, il ne trouve pas le courage et la raccompagne.

Jusque là, tout va bien n'est-ce pas? Tout cela n'est qu'apparence car Max va vivre un des pires moments de sa vie...

Quelques minutes après l'avoir quittée, Il va se faire arrêter. On retrouvera en sa possession: une liasse de billets et de la cocaïne. Il est placé en garde à vue pour détention de stupéfiants. Il a beau clamer son innocence, rien n'y fait!

C'est dans l'enfer de la garde à vue que nous emmènent ces 2 auteures. Une innovation dans la littérature jeunesse car c'est un sujet très peu traité, souvent évité! 24 heures terriblement éprouvantes pour lesquelles on évite de donner trop de détails. Le but? protéger les jeunes lecteurs peut-être... Pourtant, ici, rien ne nous est épargné. Entre puanteur, saleté, fouille, violence verbale et cloisonnement, le lecteur est bien servi.
Ce dernier d'ailleurs a l'impression constante d'être dans la même cellule que Max. A plusieurs reprises, je me suis sentie oppressée par cette histoire pour finalement me dire que je suis heureuse de n'avoir jamais connu cela. Quant aux interrogatoires, ils sont des plus stressants!
A quoi est dû cela? Un réalisme atroce. Cette histoire, ces décors, ces personnages sont d'un réalisme inquiétant. Chaque détail a son intérêt et est repris de la vie réelle. Le portrait que dressent les auteures des policiers est des plus fidèle.

Parlons un peu des personnages. Ils sont tous intéressant et terriblement différents. Dans ce livre, 2 clans: celui des policiers qui aura pour mission de déterminer la vérité et les copains ainsi que la famille de Max qui auront pour unique but d'aider Max. C'est à ce moment là que l'on voit la force de l'être humain, capable de traverser une montagne pour arriver à son but. Je ne vais pas vous parler en détail de ceux-ci, cela ne me paraît pas des plus importants. Si vous avez envie de faire leur connaissance, il va falloir lire ce livre.

Le style à présent! Un style très dynamique, on n'a pas le temps de s'ennuyer. Dès les premières lignes, les auteures nous plongent dans le récit et l'action. Pas possible de fermer le livre avant la fin tant on a envie de connaître la suite. L'intrigue est bien ficelée même si, pour les lecteurs affirmés que nous sommes, on se rend très vite compte de la fin du récit. Un peu dommage donc mais cela reste un livre jeunesse et même un très bon roman jeunesse.
En parlant de cela, les chapitres sont très courts. Ce qui permet aux jeunes lecteurs de morceler leur lecture. C'est souvent Max le narrateur. Il nous dévoile ses pensées, ses angoisses. Dans quelques chapitres, ce sera d'autres protagonistes. Ce qui donne un élément nouveau et motivant pour le lecteur.
Sans parler de l'écriture fluide et agréable. Un réel bon moment de lecture sans prise de tête.

Je vous conseille donc ce livre que l'adulte que je suis a beaucoup aimé. Et comme diraient ces deux auteures, ce livre est à lire entre 11 et 111 ans.


Ma note

18/20


Challenge

Petit bac 2016, catégorie "ponctuation"



mardi 1 mars 2016

Le livre des Baltimore (Joël Dicker)


Merci à Audiolib
Date de parution: 17 février 2016
Durée: 14h32
24,90 euros



Présentation de l'éditeur
Jusqu’au jour du Drame, les Goldman se divisaient en deux branches : les Goldman-de-Baltimore et les Goldman-de-Montclair. Marcus Goldman, l’écrivain
de La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, est un Goldman de Montclair, une famille modeste qui vit chichement dans une banlieue de New York. Rien à voir avec les Goldman-de-Baltimore, prospères à souhait, emblématiques de l’Amérique huppée, et à qui Marcus vouait une admiration sans borne. Puis ce fut le Drame.
Au gré de ses souvenirs de jeunesse, Marcus va tenter de décrypter cette famille apparemment comblée par la vie, et qui le fascinait trop pour qu’il puisse percevoir les indices précurseurs du désastre. Au risque de découvrir les racines enfouies de ses propres illusions.

Mon avis
Ce livre fut une totale découverte pour moi car je n'avais pas lu le tant plébiscité best-seller qu'est le livre "l'affaire Harry Quebert". Avec tous les avis que j'ai pu lire, je me dis que finalement j'ai bien fait! Pas d'amalgame pour moi, j'ai profité pleinement de ma lecture sans faire de comparaison avec ce livre précédent! 

A travers ce récit, nous allons suivre le narrateur, Marcus, a travers son histoire, son présent et son passé! A l'heure où il nous narre son récit, il est un auteur célèbre. Il a pris la décision d'écrire un roman sur l'histoire de sa famille. Une famille qui n'est plus à l'heure d'aujourd'hui et pour laquelle il souhaite garder le souvenir à jamais.
Une famille a qui tout souriait: argent, amour, succès, ... Pourtant, du jour au lendemain, tout va basculer et cette descente aux enfers ne s'arrêtera plus jamais! 
En décortiquant les souvenirs de ces personnages, l'histoire de cette famille, Marcus parvient à comprendre ce drame et surtout la cause de celui-ci.
L'auteur nous propose, ici, un récit passionnant sur une histoire de famille tragique mais aussi sur une amitié forte... Des enfants soudés pour la vie... Pour le pire comme le meilleur... L'insouciance de l'enfance...
Les personnages sont attachants! Certes un peu stéréotypés mais cela ne gâche en rien le plaisir de les découvrir et de les suivre.

Je ne vais pas vous dire que c'est le meilleur roman de l'année, je vous mentirais! En effet, on y retrouve certains rebondissements plus que prévisibles et une fin prévisible également plus on s'en approche. Ce n'est pas non plus la meilleure des plumes. Cependant, celle-ci est fluide et agréable. Une plume qui nous donne envie de continuer à la découvrir. 
J'ai beaucoup aimé ce roman! Avec lui, je suis passée par de multiples émotions. Entre rire et larmes mais aussi rage et colère, je fus bien servie.
L'auteur tient ses lecteurs en haleine par ce drame décrit dès les premières pages. Un drame dont on entend souvent parler sans jamais savoir de quoi il s'agit! Il faut attendre les dernières pages pour être fixé. Un long puzzle qui nous dévoile ses pièces petit à petit pour nous laisser une totale surprise.

Petit bémol tout de même... L'auteur nous ballade dans le temps! Il est parfois difficile de se situer. Bien qu'une fois le rythme pris, cela devient beaucoup plus agréable.

Pour parler de la version audio en elle-même, j'ai beaucoup aimé celle-ci. L'auteur n'a pas une voix monocorde! On reconnaît chaque personnage de par l’intonation qu'il prend. Rappelons que ce livre audio est lu par Thibault de Montalembert, qui avait d'ailleurs déjà prêté ses talents de narrateur pour "l'affaire Harry Quebert".

Un livre audio à découvrir sans hésitation. Une première expérience pour moi et j'avoue que les embouteillages sont beaucoup plus agréable depuis.


Ma note

17/20


Challenge

Petit bac, catégorie "objet".


lundi 29 février 2016

Une semaine de vacances (Christine Angot)


Éditions Flammarion
100 pages
14 euros


Présentation de l'éditeur

Christine Angot a écrit ce court roman comme on prend une photo, sans respirer, sans prendre le temps de souffler. En cherchant la précision, en captant l'instant et le mouvement. Ce n'est pas à nous lecteurs de vouloir en connaître l'élément déclencheur, peu importe de le savoir. On s'aperçoit vite en le lisant que le texte possède en lui-même le pouvoir d'agir avec violence. Il suscite des sentiments dont l'angoisse ne peut être évacuée. Il provoque le saisissement par lequel on reconnaît un des pouvoirs de la littérature : donner aux mots toute leur puissance explicative et figurative, plutôt que de s'en servir pour recouvrir et voiler. C'est comme si l'écrivain levait ce voile, non pas pour nous faire peur, mais pour que l'on voie et comprenne. 
 
 
Mon avis
 
Ce livre aborde le thème de l'inceste. Il commence par une fellation quelque peu surprenante où nous avons l'impression d'être tombée dans l'intimité d'un couple. Mais on peut très vite se rendre compte que ce n'est pas du tout le cas. La scène dure longtemps, très très longtemps. Il dirige, elle obéit et ne dit rien. Il n'hésite pas à lui parler de ces différentes maîtresses et par la lecture des livres qu'il lui propose, on se rend vite compte qu'il s'agit de son père. Un père puissant et pervers. Un père dominant qui a une telle emprise sur sa fille qu'il finit même par lui faire accepter l'inacceptable... "Ne t'inquiète pas, je ne ferai rien que tu ne voudrais pas! "
 
J'ai lu ce livre car on me l'a offert et cela malgré les nombreuses critiques que j'avais pu entendre. Rien de tel que de se fonder sa propre opinion. Ce livre est tout simplement choquant, immonde. L'écriture en est insupportable. Tout d'abord, il n'y a pas de chapitres. Il faut donc lire le livre d'une traite et sans compter les phrases hyper longues, parfois même interminables.
De plus, les détails décrits sont tout simplement inimaginables. Je pense qu'il y a déjà suffisamment d'histoires réelles de ce genre que pour encore devoir en faire un roman.

Vulgaire et ennuyeux voilà les deux mots qui résument parfaitement ce livre. Si d'habitude, je vous conseille mes lectures, ici, je vous la déconseille fortement! Je n'ai jamais vu une écriture aussi pauvre! Un livre totalement sans intérêt! Bien que si... vous rendre malade!


Si vous voulez un avant goût... Un petit extrait...



Ma note

2/20


Challenge

Catégorie "vacances"
 





dimanche 28 février 2016

Monsieur a la migraine (Valérie Cohen)


Éditions Luce Wilquin
153 pages
16 euros

 

4ème de couverture

Vous pensiez tout connaître sur le désir féminin? Anna, Noémie, Lucia et Julie aussi, jusqu'à ce qu'elles rencontrent Patrice Denis, un sexothérapeute aux méthodes originales. Mariée depuis trente ans, Anna simule le plaisir et est bien plus attachée à son chien qu'à son acariâtre époux. Noémie supporte mal la libido fatiguée de son compagnon. Julie, divorcée et mère de quatre enfants, enchaîne les relations sans lendemain tout en espérant trouver l'amour. Quant à Lucia, le plaisir l'a désertée depuis qu'elle a quitté son amant.
Leur point commun? Les soirées de partage sur le désir féminin organisées par Patrice Denis. Entre rires, pleurs et actes symboliques, elles y livreront leurs secrets les plus intimes, leurs ombres et leurs désirs inavouables.
Quatre semaines pour oser se raconter, mettre des mots sur ce qui est communément tu et nouer une indéfectible amitié.


Mon avis

Quel plaisir, pour moi, de découvrir une auteure belge! Etant moi-même belge, je ne le fais que trop peu souvent! Le choix de ce livre fut assez facile... J'ai eu l'occasion de participer à un café littéraire lors de la foire du livre de Bruxelles où l'auteure, en compagnie d'une sexologue, nous parlait de celui-ci. A l'écouter, je ne pouvais que me laisser tenter tant ses paroles était juste.

Mais de quoi parle ce livre? Il aborde un sujet tabou... Celui du plaisir féminin. En quoi consiste-t-il exactement? Est-ce si facile de le comprendre? Si bien des femmes ont encore des difficultés à savoir comment prendre du plaisir, il est encore plus difficile pour un homme de savoir exactement comment faire pour en donner! 
De manière très juste, est-ce qu'un couple peut survivre à une sexualité monotone ou absente? Et cela, même si l'amour est solide? Tant de questions qui seront abordées dans ce livre. 

"Elle avait bien tenté de se raisonner. Quelle importance de ne plus faire l'amour? Vivre à deux, à notre époque, n'était-il pas déjà une chance en soi? Un petit miracle de complicité au pays des désolés du coeur. Mieux valait la tendresse à des étreintes mécaniques. Mieux valait une sexualité en demi-teinte à un lit vide. Mieux valait Alexander sans plaisir à du plaisir sans Alexander. Des mots pour se rassurer. Ces mêmes mots, la nuit venue, grappillaient chaque espace disponible dans sa tête et y dansaient allègrement. Leur supposé pouvoir apaisant lui mettait les nerfs en boule. Elle aurait donné beaucoup pour les effacer d'un coup de gomme magique. Des actes. Elle voulait des actes."

A travers ce récit, l'auteure nous emmène à la rencontre de 4 femmes: Julie, Anna, Noémie et Lucia. Chacune bien différente mais pourtant, un point commun les unis: leur sexualité fade. Entre simulation, absence totale de sexe, célibat ou encore amants à répétition, plus rien ne va. Un seul objectif, pour elle, retrouver le plaisir perdu! Pour y arriver, elles se rendront chez Patrice Denis, un sexothérapeute. Si au départ, c'est timidement et avec beaucoup d'appréhension, qu'elles s'y rendront, par la suite, ce fut avec plaisir et attente. Ensemble, elles se sont données de la motivation et de la force pour affronter, chacune, leur situation. Inconnue au départ, elles sont devenues amis dans la vie.

La plume de l'auteure traite ce sujet à merveille. Tout en délicatesse, en pudeur et légèreté! Pas de voyeurisme, ici, on en est même à l'opposé! 

C'est un récit positif que nous propose Valérie Cohen. Un récit qui nous encourage à nous dévoiler chaque jour davantage, à s'accepter comme on est  et à prendre confiance en soi.

Vous l'aurez compris, j'ai aimé ce livre grâce à la délicatesse et la justesse des propos de son auteure. Je vous conseille vivement de le découvrir sans à priori de départ. 


Ma note

16/20


Challenge

Petit bac 2016, catégorie "animal" (la =  sorte de papillon)


vendredi 26 février 2016

Des noeuds d'acier (Sandrine Collette)


Éditions: Livre de poche
6.90 euros
272 pages


4ème de couverture

Avril 2001. Dans la cave d'une ferme miteuse, au creux d'une vallée isolée couverte d'une forêt dense, un homme est enchaîné. Théo, quarante ans, a été capturé par deux frères, deux vieillards qui ont fait de lui leur esclave. Comment a-t-il basculé dans cet univers au bord de la démence ? Il n'a pourtant rien d'une proie facile : athlétique et brutal, Théo sortait de prison quand ces vieux fous l'ont piégé au fond des bois. Les ennuis, il en a vu d'autres. Alors, allongé contre les pierres suintantes de la cave, battu, privé d'eau et de nourriture, il refuse de croire à ce cauchemar. Il a résisté à la prison, il se jure d'échapper à ses geôliers.


Mon avis

A travers ce livre, nous allons suivre Théo, personnage principal de l'histoire. On le retrouve à sa sortie de prison. Qu'a-t-il fait? Il a massacré son frère car ce dernier a couché avec sa femme. Un peu gros comme sanction non? Pas du tout, il l'a laissé à l'état végétatif. Je n'ose d'ailleurs imaginer cette altercation. Revenons à nos moutons! A sa sortie de prison, il se rend au chevet de son frère et lui dit tout le bien qu'il ressent depuis qu'il a fait cela. Il faut savoir qu'une ordonnance restrictive a été établie et qu'il ne peut plus sans approcher. Il n'a donc plus le choix, il doit fuir afin de ne pas être condamné une seconde fois. Il va se retrouver en pleine campagne dans un gîte. Il va se lier d'amitié avec la patronne de celui-ci et va passer ses journées à se balader et découvrir de nouveaux chemins, de nouvelles promenades. C'est lors d'une de celle-ci que sa vie va basculer. Il va tomber entre les mains de deux vieux. Je ne vous en dis pas plus pour ne pas spoiler et préfère vous laisser découvrir la suite par vous-même.

Parlons un peu des personnages. Je vous ai déjà parlé de Théo. Au début du livre, on nous le présente comme un homme violent, qui ne respecte pas les règles. Un homme rempli de haine qui vit avec les rancœurs du passé. A la fin de ce livre, on ne nous le présente pas comme un saint, loin de là. Par contre, l'auteure arrive à changer notre manière de le concevoir. On a même de la pitié pour lui alors qu'au départ, on en avait pas. J'ai même fini par oublier ce qu'il avait fait et pourquoi il en était là. Pour parler des deux vieux, maintenant,  Joshua et Basile. Je ne pouvais imaginer que de telles personnes existaient. Ils sont dépourvu de valeurs et de sens moral. Ils sont d'une violence incroyable.

Le style à présent. La plupart du récit est écrit à la première personne du singulier. En effet, il nous plonge dans le journal intime de Théo. C'est lui qui parle et ce choix est judicieux. Ce livre n'aurait pas eu le même impact si il avait été écrit autrement. Ici, nous ne sommes plus témoin mais acteur dans cette histoire. En lisant ce récit, j'en ai eu des frissons. J'avais l'impression de me retrouver dans la cave à ses côtés. De vivre ce qu'il vivait. Je ressentais ses blessures, ses peurs, ses angoisses.
L'écriture, quant à elle, est maîtrisée et fait mouche. Le vocabulaire n'est guère compliqué. Par ce style simple, l'auteure touche de nombreux lecteurs.

Impossible de fermer ce livre avant la dernière page. J'ai compté les pages comme Théo a compté les jours. Des rebondissements, il y en a mais pas sans cesse comme dans d'autres livres. Non! Ici, je n'ai tout simplement pas eu envie de le fermer car je voulais savoir ce qui allait lui arriver, comment il allait pouvoir sortir de ce milieu sans issu. Un milieu à rendre fou car aucune solution n'est imaginable. Le suspens est présent et ne nous quitte pas.

Je ne suis pas ressortie indemne de cette lecture. Il m'a fallu quelques jours avant de me replonger dans un nouveau récit. Ce livre m'a fait réfléchir sur l'être humain et la condition humaine. Sur ce dont sont capables les hommes, comment ils peuvent réagir, comment ils peuvent survivre. Comment est-ce possible qu'un homme en soit réduit à devenir un animal et même pire? J'ai encore en tête des scènes effroyables. D'ailleurs, juste à y repenser et à écrire cette chronique, j'ai les poils qui se dressent.

Vous l'aurez compris, il s'agit d'un coup de coeur. Un très bon thriller, un très bon roman noir. Un huis clos étouffant, glaçant dont on ne ressort pas indemne.


Ma note





Challenge

Petit bac 2016, catégorie "couleur"





jeudi 25 février 2016

Zoé (Alain Cadéo)


Merci à Alain Cadéo
Editions: Mercure de France
151 pages
14,80 euros


4ème de couverture

Depuis que Zoé et moi échangeons nos écrits, j'ai la bonne impression d'avoir brisé ma solitude. Elle est, avec son écriture ronde, une petite boule de tendresse et d'originalité versée dans le café noir de ma mélancolie. Quand je vais à la boulangerie, c'est désormais un réconfort de la voir exister au milieu des autres. Plus personne ne fait attention à moi. On ne me regarde plus de travers. Je suis enfin un vrai client, un habitué. Notre minute est devenue quart d'heure. Elle joue, rien que pour moi, son numéro parfait de boulangère.
Henry vit retiré dans une espèce de fort isolé au bout d'une piste de dix kilomètres. Tous les deux jours, le vieil homme se rend au village voisin pour acheter son pain. C'est à la boulangerie qu'il rencontre Zoé, la jeune vendeuse de dix-huit ans. Au fil du temps, une curiosité réciproque et une complicité muette s'installent entre eux. Chacun est intrigué par l'autre, au point qu'un dialogue épistolaire et presque clandestin s'instaure : Zoé glisse des petits billets dans les miches de pain qu'achète Henry auxquels il répond avec une constance sans faille.


Mon avis

Dans ce livre, l'auteur nous emmène dans la vie de deux personnages diamétralement opposés! Le premier s'appelle Henri. C'est un homme d'une soixantaine d'années! Plutôt solitaire, il passe ses journées à écrire et à sculpter! Son seul plaisir dans la journée, acheter son pain pour rencontrer Zoé. Elle, innocente et frêle! Troublante même! Mais pourquoi? Une jeune et jolie jeune fille qui va en voir de toutes les couleurs (drague, force et j'en passe). Une jeune fille qui va perdre toute confiance en elle et aux autres! Une jeune fille bafouée!
Entre eux, rien d'extraordinaire! Si ce n'est qu'une longue correspondance cachée dans les miches de pain. L'une se confie, l'autre écoute et se dévoile!
Zoé s'accroche très vite à ce vieil homme! Il est simple, gentil. Il ne se préoccupe pas de son physique ou en tout cas, ne lui fait pas remarquer! Il est plaisant tout simplement! Un père, un ami, un confident, tout ce qu'elle recherche à présent chez un homme!
Un jeu de séduction, des regards qui en disent long et pourtant, rien de cela! Juste un long échange épistolaire dont le maître mot est le respect! Un échange puissant et simple!

Si vous recherchez une histoire d'amour perverse, passez votre chemin! Ce livre n'est pas pour vous! Ce n'est pas du tout ce que vous trouverez dans celui-ci! Des thèmes forts sont abordés comme la solitude, l'amour ou encore le deuil! Il est d'une beauté extrême, d'une intensité forte et garanti les émotions!
Je ne vais pas vous le cacher, je ne m'attendais pas du tout au dernier chapitre, à un tel dénouement! Il m'a fait pleurer tout simplement! La profondeur et l'intensité de celui-ci fait que l'on ne peut pas rester insensible!

Que dire de la plume de l'auteur? Elle est maîtrisée à 100%. Une plume incroyablement belle et poétique. Il joue parfaitement avec les registres de langue. Chaque personnage a sa vie, son caractère, sa façon de parler! L'auteur joue avec cela et il joue bien! Une écriture variée et dense. Une écriture aux multiples facettes.
Le style est direct, il n'y a pas de place pour l'hésitation! L'histoire s'installe rapidement. Elle s'incruste en nous et impossible de s'en séparer avant la dernière page.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce livre! Une belle rencontre entre deux êtres terriblement solitaire! Une rencontre par les mots tout simplement que je vous conseille vivement!


Ma note

18/20


Challenge

Cette lecture s'inscrit dans le cadre du challenge:


Petit bac 2016 catégorie "prénom"